Une araignée au plafond
 

 
Une araignée au plafond 

alias "Madame Bovary, c'est moi"
(mais rien à voir avec Flaubert! rien à voir avec la série télé "Felicity"!
et pas une seule photo de salope nue ici, bande de pervers!)

And French she spak full fair and fetisly
After the scole of Stratford-atte-Bowe
For French of Paris was to hir unknowe.
---Geoffrey Chaucer, The Canterbury Tales

    




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jeudi, janvier 29, 2004

 
Mon pauvre cerveau est gelé. Il ne sert à rien aujourd’hui. Je n'ai rien à dire, je me satisfais à changer le nom de mon journal, car j’adore cette expression — « avoir un arraignée une araignée au plafond » — et d'ailleurs quelqu'un vient de trouver ce site par une recherche google là-dessus.

Et pourquoi pas un peu de pub, pendant qu'on y est? (on est où? sais pas) pour ce site:

Obsolettres

... quoique je ne compte pas en devenir membre. Pour ce qui est d'écrire, quand mon cerveau n'est pas gelé, ce n'est pas les idées qui me manquent, ce n'est pas les astuces, ce n'est pas en être astreinte, c'est le temps! Et ces gens ne peuvent pas m'en donner plus, combien aussi sympas soient-ils.

Et maintenant je vais au-dehors à la recherche du déjeuner, et c'est très probable que je vais mourir meure du froid. Adieu.




mardi, janvier 27, 2004

 
Ma tête est bourrée de Mozart ce jour, son 248ième anniversaire.

Mon opéra favori de Mozart est Les Noces de Figaro . . . sauf qu'il y avait un temps où je détestais le finale du deuxième acte — le bout du finale: "Certo, un diavol dell'inferno qui li ha fatti capitar." Je détestais tant ce morceau qu'il m'a fallu me fallait, quand j'écoutais l'opéra chez moi, me précipiter sur le joueur de disques pour l'éteigner l'éteindre à chaque reprise de ces lignes.

Un peu plus tôt dans le deuxième acte, quand Figaro prétend que c'était lui (et pas Cherubino) qui a sauté de la fenêtre de la comtesse, il dit: "Saltai giù dal terrore confuso . . . e stravolto m'ho un nervo del piè!" ("J'y ai sauté, confus de terreur . . . et je me suis donné une entorse à la cheville!") Le truc bizarre, c'est qu'il m'a fallu une entorse à la cheville à moi, pour arriver enfin non seulement à aimer "Certo, un diavol dell'inferno" mais aussi à lire et écrire assez bien le français.

Mon entorse a été le résultat de ma décision, prise un bon matin en marchant jusq'au boulot, de faire quelque chose de différente différent pour une fois. Si plate était ma vie à cette époque, que pour moi "faire quelque chose de différente différent" voulait dire: sauter cette flaque d'eau sur la jambe droite au lieu de la jambe gauche. Mais le destin a voulu qu'à que de l'autre côté de la flaque, juste au bord et encore caché par l'eau, il y avait ait un petit trou, à l'endroit précis où s'est atterré mon pied droit. Résultat: une entorse à la cheville droite, et puis quelque jours d'immobilité pour moi — vraiment, quelque chose de différente différent.

Pendant ces jours d'immobilité, je me distrayais en écoutant Les Noces de Figaro. Mais c'est très difficile de se précipiter sur un joueur de disques quand on a la cheville gonflée et douleureuse douloureuse. J'ai pris le parti de me faire souffrir par mes oreilles au lieu de par ma cheville, c'est-à-dire d'écouter patiemment "Certo, un diavol dell'inferno." Tant de souffrance! . . . mais, peut-être pas tant de souffrance . . . mais, après tout, ce n'est pas si mal . . . pas si mal du tout . . . mais . . . bordel de merde, c'est brillant, ce truc! Comment est-ce que je n'ai jamais entendu — certes, il faut être possédé par un diable pour ne pas entendre que c'est brillant!

C'était C'est l'immobilité aussi qui m'a apprise appris la patience pour lire, vraiment lire, les romans français. Auparavant, ma velléité de les lire était presque écrasée sous une énorme parresse. Je ne faisais que les parcourir; j'avais toujours la flemme d'aller chercher des mots inconnus dans le dico; et quand la construction étrange d'une phrase française m'a laissée me laissait confuse, je l'ai sautée la sautais, car je n'avais pas besoin de comprendre chaque phrase pour comprendre, plus ou moins, le tout du roman. Et puis est venue la cheville douleureuse douloureuse et le loisir forcé. On ne peut pas écouter Les Noces de Figaro toute la journée; je me suis mise à lire, et avec attention pour la première fois. J'ai choisi Les Faux-monnayeurs de Gide: version original, traduction, livre de grammaire, dico français-anglais, et carnet pour noter tous les mots inconnus. Je me suis efforcée à de comprendre chaque mot et chaque phrase. Que de boulot! — mais ça a valu en valait la peine.

Moral de l'histoire: Les profs de français doivent avoir les chevilles grosses qui enflent, ou quelque chose comme ça, je ne sais plus.



dimanche, janvier 25, 2004

 


Il y a longtemps j'ai lu un livre historique intéressant, du titre Blanc sur noir: Les attitudes américaines envers le nègre, 1550-1812. Ce qui m'a resté de cette lecture, c'est une certaine attitude que l'auteur (Winthrop Jordan) a trouvée à plusieurs reprises parmi les blancs: l'idée que l'homme est, dans son essence, blanc; que la noirceur est un masque qui cache et déforme l'homme dessous; que ce serait désirable que la noirceur finisse par disparaître de la race humaine, afin que le masque puisse tomber à jamais et l'homme puisse être enfin révélé dans sa belle vérité blanche, et puis ce serait la paix et la bienveillance partout dans le monde.*

Parfois en lisant les notices nécrologiques dans le journal, je tombe sur une dont la photo est du défunt dans sa jeunesse (il y a longtemps, selon les modes des cheveux et des vêtements). À côté des autres notices, avec leurs photos des vieux, ça me frappe: il me semble qu'enfin voici une photo d'une vraie personne. C'est-à-dire que j'ai l'idée indistincte que l'homme est, dans son essence, jeune; que la vieillesse est un masque qui cache et déforme l'homme dessous. (Ce qui est encore plus bizarre parce que si on m'offrirait le pouvoir d'être jeune de nouveau — sans savoir tout ce que je sache maintenant — je dirait non sans hésitation; ma jeunesse à moi était vraiment merdique.)

Et puis j'ai un petit journal manuscrit de 1883, d'une jeune fille nommée Lillian Todd. En lisant ce journal, je remarque que parfois, elle l'a fermé avant que l'encre n'ait séché, et des petites taches d'encre restent sur la page en face. Je me trouve fascinée par ces petites taches, car en eux je vois du mouvement dans un monde que j'ai habitude de voir figé, soit dans les livres historiques, soit dans les vieilles photos, soit dans les musées où je regarde des objets immobiles. Dans ces petites taches d'encre je vois le mouvement de la main d'une jeune fille dont rien ne reste, sauf ce journal et, peut-être, une pierre tombale quelque part. Et il me semble que le secret de la vraie vie est renfermé dans ces taches, que si je savais le bon moyen de les gratter, je pourrais libérer la vraie vie, et Lillian et sa famille, ses amis, sa maison, son église, sa ville se lèveraient devant mes yeux et démoliraient les murs de cette fausse vie de laquelle je me trouve la prisonnière. Car, oui, il me semble que c'était Lillian — jeune fille étourdie, dépourvue d'idées ainsi que sa vie était dépourvue d'événements, ignorante même qu'est-ce que c'est que la ponctuation — qui a menée une vraie vie, tandis que ce soit moi qui en mène une fausse.

Voici le mélange bizarre des idées qui m'est venu dans la tête lorsque je cherche à m'expliquer à moi-même ces larmes stupides et insistantes du dimanche passé.

La photo ci-dessus, c'est mon grand-père, à gauche, et à droit mon père à l'âge de — que sais-je? — quinze ans, peut-être. Ils s'assoient devant la petite maison dont mon père m'a dessiné le plan le dimanche passé.

Il faut voir mon père aujourd'hui: courbé, maigri, chauve, un peu sourd, la voix haute et chevrotante de vieux homme, qui parle de son cœur affaibli. Et puis regarder la photo, où mon grand-père mort sourit sous un soleil fort, où la petite maison disparue redresse encore ses murs, et où se révèle encore ce garçon fort et énergique, ce vrai homme qui maintenant se trouve masqué, déformé sous le visage ridé de mon père, étouffé sous le corps flétri de mon père, comme un fœtus qui va être tué par la mort de sa mère.

C'est là, la vraie vie. Si seulement je savais le bon moyen de gratter cette photo, si seulement mon père pouvait dessiner un plan assez bon de cette petite maison, je pourrais la découvrir, la vraie vie — moi qui l'ai manquée, je pourrais enfin réjouir de le vraie vie — ce pourrait être moi souriante sous le soleil fort.

C'est un truc bizarre: dans ma tête se mêlent un mépris léger envers les personnes qui ne se posent pas des questions existentielles, et une grande envie d'en être une! Cette maison bourrée de livres que j'habite, cette ville si près de la grande ville de Chicago, ce temps d'Internet, ma cervelle en réjouit; mais mon cœur obstinée crie après une autre maison, une autre ville, un autre temps. Dans cette vie-ci, je ne serai jamais mariée, je n'aurai jamais d'enfants, je ne cesse pas de me poser des questions, et j'en suis heureuse. Dans la vraie vie, je crois, je serais mariée et cinq ou six fois mère; j'habiterais une petite maison fourmillante des enfants et des amis; je aurais beaucoup de travail, mais je serais satisfaite; et je ne me demanderais jamais qu'est-ce que la vraie vie.

Ce que je crains, ce n'est pas la mort; c'est avoir à vivre après avoir perdu ce qui m'importe. Je ne suis pas assez forte, assez froide, assez intelligente pour me passer de mon cœur, quoique sentimental et inculte. Et il ne me reste encore aucun lien avec la vraie vie de mon cœur, de mes illusions, sauf cet homme vieux, courbé, affaibli, cette photo que je ne sais pas le bon moyen de gratter, ce plan dessiné d'une petite maison disparue.


Et je viens de gaspiller deux putains d'heures vraies de ma vie fausse à écrire ce non-sens. Je dois aller faire quelque chose qui vaut la peine.

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*OK, j'exagère un petit peu.



samedi, janvier 24, 2004

 
La neige s'est arrêtée. Pourquoi diable n'y a-t-il plus des vraies chutes de neiges ces années-ci???

 
Les chevaux, les oiseaux, la neige.



Quand vais-je apprendre à me taire? Hier soir, en apercevant que la neige, légère d'abord, s'arrêtait, je me suis mise à regretter le manque de vraies chutes de neige ces années-ci. Et donc ce matin je me suis levée pour trouver m'apercevoir qu'une vraie chute de neige commence commençait, et moi qui comptais aller partout ce matin. Je n'aime pas conduire, et surtout pas dans la neige.

C'est donc un jour bon pour rester chez soi, j'aurais peut-être le temps d'écrire quelque chose que je voulais écrire plus tôt, mais j'étais si overbookée cette semaine.



jeudi, janvier 22, 2004

 
Bonne nouvelle : Tipsy n’est pas morte.
Mauvaise nouvelle : Tipsy n’est pas morte.



lundi, janvier 19, 2004

 
OK, puisque c'est mon anniversaire et je suis dans une de bonne humeur, voici ma tronche, sans blague.

 


Et pourquoi diable le plan d'une petite maison disparue il y a longtemps doit me faire pleurer, je ne sais pas. Hier, au resto, où on est allé fêter un jour en avance mon anniversaire, j'ai demandé à mon père de dessiner le plan de la maison où il a passé son enfance, où je n'ai jamais mis les pieds. Il a vite dessiné le petit truc là-haut. Et moi, en regardant le dessin, en posant des questions, j'ai tout d'un coup senti juste à l'arrière de mes yeux l'énorme pression des larmes. Il m'a fallu faire semblant de regarder le dessin de près, pour avoir un moment de silence pendant lequel je luttais contre des sanglots insensés.

Pourquoi? Même tandis que j'écrive ces lignes-ci, mes yeux nagent dans des larmes. Que diable ai-je? Une petite maison que je n'ai jamais vue a été démolie il y a longtemps, et moi, maintenant, à ce moment, je la pleure, cette petite maison.

Revenue chez moi hier, je me suis mise au lit avec un roman policier, pour me distraire de mes pensées larmoyantes. Je n'ai pas pu allumer la télé ou la radio: j'aurais trouvé insupportable la le bruit artificielle, la gaieté mécanique de ces trucs; je ne voulais pas pleurer la petite maison, mais je voulais quand même écouter un silence semblable au silence qui rempliait remplissait, qui entourait cette petite maison sans télévision, sans radio, sans même téléphone.

Moi qui me flatte sur mon indifférence à la mort, je trouve honteux de penser que dans la disparition d'une petite maison, je vois ma propre disparition à venir: mais honteux ou pas, mais larmes coulent. Je ne veux pas voir dans le silence ou l'oubli qui entourent la seule mémoire que j'ai de mon grand-père — une mémoire qui ne dure que cinq seconds — le silence et l'oubli qui me vont vite ensevelir, moi aussi, après ma propre mort. Je dis, "Moi, je m'en fiche de tout ça," mais mes larmes coulent quand même. Bordel, que c'est stupide.


Margaret, are you grieving
Over Goldengrove unleaving?
Leaves, like the things of man, you
With your fresh thoughts care for, can you?
Ah! as the heart grows older
It will come to such sights colder
By and by, nor spare a sigh
Though worlds of wanwood leafmeal lie;
And yet you will weep and know why.
Now no matter, child, the name:
Sorrow's springs are the same.
Nor mouth had, no nor mind, expressed
What heart heard of, ghost guessed:
It is the blight man was born for,
It is Margaret you mourn for.
Gerard Manley Hopkins

Joyeux anniversaire à moi! Un jour plus proche à de la mort. :)



samedi, janvier 17, 2004

 


Embarrassée. Très embarrassée. Attendez vous à ce que j'écrive un autre poème à une salope saloperie de poubelle, mais ne retenez-vous pas la souffle retenez pas votre souffle. C'est sans doute un de mes voisins sympas qui à a trouvé la poubelle en train de s'enfuir dans le grand vent, et pour la faire rester a mis la petite poubelle ronde dans la grande poubelle carrée, ce qui l'a effectivement cachée des mes yeux accablés par la douleur ainsi que par la nuit. Mais c'est bon une bonne chose que je l'aie découverte avant d'aller chez Wal-Mart dépenser $8.99 pour rien.

Salope Saloperie de poubelle.

Quelque internaute a trouvé mon site par une recherche google sur "espère d'araignée." Mais que diable? — Qu'est-ce qu'une araignée a à espérer? Ou qu'est-ce qu'on espère d'une araignée, ou pour une araignée, à part une morte subite?

En parlant des d'araignées, je n'ai pas vu Tipsy depuis longtemps, pas même dans la toile d'une autre araignée. J'espère qu'elle est allée rejoindre ses ancêtres au-delà des cieux.

Comme on voit par sur la photo là-haut, c'est une putain de jour journée misérable, il gèle, il neige, il pleut, et puis vient la brume, et j'ai mal à la tête.



jeudi, janvier 15, 2004

 
On veut une photo de moi? La voici.

C'est dingue combien mieux que moi comment mes photos savent parler parlent mieux français que moi.



mercredi, janvier 14, 2004

 
Elle m'a quittée: à jamais, je crains.
Je me suis rendue chez moi ce soir,
et là, où je l'attendais,
là, il n'y avait que l'absence.
J'ai couru dehors, dans la nuit, dans le noir,
à sa recherche — inutile — ridicule —
elle est partie depuis longtemps.
Inutile — ridicule — mais je n'ai pas pu m'empêcher.
J'ai crié, "Où es-tu? Reviens! Reviens!"
Il n'y avait que le vent pour m'entendre.
Il n'y avait que le vent pour répondre:
"Elle s'est envolée avec moi."
Elle s'est bien envolée,
Et assez loin pour que je ne la rattrape jamais.
Mais pourquoi devait-elle rester? —
Je n'ai jamais lui donner que ce qui m'était inutile.
Je ne lui ai jamais donné que ce qui m'était inutile.
Maintenant je pense à ses contours si ronds et plastiques:
À ses contours que ma main veut tracer une fois de plus —
Mais elle m'a quittée: à jamais, je crains.

Pffff, après tout, ce n'est pas grand-chose. On vend de telles poubelles à $8.99 chez Wal-Mart. Mais bordel, si je savais j'avais su que le vent serait si fort ce soir, je l'aurais renfermée dans le garage ce matin.



dimanche, janvier 11, 2004

 
Je viens de passer deux sacrées putain d' putains d'heures foutrement chiantes peu agréables dans la salle de bains, accroupie sous le lavabo, luttant avec le serpent de fil pour percer une obstruction dans le tuyau d'écoulement. C'est un boulot que je commence toujours avec les mains fastidieusement couvertes de gants en plastique, et que je finis les mains nues et couvertes d'un dépôt visqueux et dégoûtant, la bouche pleine de gros mots, de la vase sur mes vêtements et partout dans la salle de bains. En bref: un boulot merdique de chez Boulots Merdiques.

Et puis il m'arrive de me demander sincèrement: quel est le plus vrai dans ma vie — ceci? ou ceci?

Je me pose la question parce que dernièrement, à propos de mon journal en anglais, quelqu'un m'a accusée de faire preuve "d'un cynisme glacé" et de "porter un masque" quand j'écris en anglais.

Au fait, mon journal en anglais est très différent de ce journal-ci, et au fait, j'ai l'impression qu'il est moins vrai que ceci, que j'y porte le masque. C'est parce que l'autre est plus superficiel et plus dévoué aux petites choses qui m'énervent dans la vie, aux petits états d'âme passagers. Mais je me dis encore: il est plus superficiel, moins gentil, mais est-ce une raison pour qu'il soit moins vrai?

Je suis fascinée par la psychologie humaine, et un truc qui m'y fascine est l'existence continuelle des contradictions dans les pensées et les émotions de la même personne. Par exemple: je suis dans le train, et je pense aux gens tués ou laissés sans abri dernièrement en Iran; j'éprouve de la compassion sincère pour eux; et puis soudainement mes pensées tendres se trouvent interrompues par mon désir sincère de tuer mon voisin dans le train parce qu'il s'obstine à faire cette bruit énervante avec son nez. Dans l'un cas et l'autre, je n'ai fait que penser. Je sais quelle pensée est la plus belle, mais quelle pensée est la plus vraie?

Et qu'est-ce que c'est que la vraie vie? Moi, je dis: aller tous les jours à un boulot qui m'assomme, être fatiguée toute la semaine et passer tout le weekend à dormir — à part les heures que je passe sous le lavabo. Un autre me dirais que la vie, c'est tomber amoureux, se marier, faire naître des enfants. Mais mêmes les amoureux doivent aller aux boulots assommants, et on passe plus de temps assis sur les chiottes qu'en train d'avoir des orgasmes.

Moi, je trouve que l'amour est à la même fois égoïste et altruiste, à la même fois fermer les yeux et se réveiller. Moi, je trouve les êtres humains à la fois sublimes et méprisables. Je trouve que la vie est pleine de merveilles, et ne vaut pas la peine d'être né.

Puisque mon journal en anglais est chiant, superficiel, pas gentil, dois-je l'arrêter? À quel but servent mes journaux, et à quel but doivent-ils servir? Si j'ai des pensées basses, est-ce je fais du tort, ou aux autres ou à moi-même, en les écrivant?

Vivre, c'est apprendre de ne pas faire attention. Vrai ou faux?

M*rde, j'ai l'impression de ne pas faire justice à mes idées, mais je viens de passer deux sacrées putain d' putains d'heures foutrement chiantes peu agréables sous le lavabo, et tout d'un coup je me trouve fatiguée jusqu'aux os, j'ai froid, et d'ailleurs il me reste à faire le repassage et la vaisselle. Et voilà la vie, et mon journal: un élan de pensées, rapporté à terre par la faiblesse du corps et les petits besoins du ménage.

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À tous mes profs de français: je sais que je suis très en retard à faire mes corrections, je vous offre présente mes excuses, mais … vous voyez … le lavabo, la philosophie, et tout et tout …



vendredi, janvier 09, 2004

 
Pour ce qui est des gérants du chemin de fer South Shore, on dirait des enfants qui s'amusent, quand il fait beau, avec leur petit jouet de chemin de fer; quand il ne fait pas beau, ils rentrent dans la maison avec maman. Et il ne faisait pas beau mardi matin, à moins qu'on ne dise que –17° est beau. Je me suis rendue à la gare pour attendre le train . . . et attendre . . . et attendre . . . et enfin entendre sur la radio que tous les trains South Shore viennent d'être annulés à cause d'un fil électrique tombé plus loin sur le chemin. Annulés tout court. Aucun autre moyen de transportation transport préparé. Quant aux trois milles de gens qui prendent prennent le train tout jour chaque jour au boulot à Chicago, ou ils trouvent eux-mêmes comment s'y rendre aujourd'hui, ou ils restent chez eux; on s'en fiche; on rentre dans la maison avec maman.

Voilà pourquoi j'ai conduit ma voiture à Chicago mardi.

Je n'aime pas conduire, et je déteste conduire sur la grande route Dan Ryan, qui n'est qu'un hospice d'aliénés roulant. Moi, je prends le Skyway pour éviter la plupart de la Dan Ryan. Ça coute $2.65 à chaque reprise, mais ça vaut le prix, car la grande plupart des aliénés préfèrent ne pas gaspiller leur fric. C'est donc une classe plus raffinée de gens qui conduit sur le Skyway.

C'est joli, la vue de cet énorme pont de 48 mètres d'élévation, mais c'est beaucoup trop dangereux d'y prendre des photos au volant. Il m'a fallu attendre jusqu'à ce que je me suis arrêtée devant un feu rouge pour prendre un photo de l'approche du sud au Boucle.

L'après-midi, la grande route Dan Ryan se transforme en grand parking. J'ai passé une bonne demi-heure regardant la derrière l'arrière de ce camion. Quelque méchant a écrit avec son doigt dans la poussière: "Flash me." C'est une prière aux jolies filles de montrer leurs jolis seins aux camionneur aux camionneurs. Cette prière n'était pas exaucée, au moins du moins pas par moi.

J'ai passé le temps dans l'embouteillage par la répétition de mon leçon de français: "Je me suis faite exploser la gueule à Hobart. Je me suis faite exploser la gueule dans (ou en) l'Indiana. Je me suis faite exploser la gueule à la en Tasmanie."

Après une heure sur un petit bout de la Dan Ryan, j'ai enfin retrouvé le Skyway, et j'ai dit adieu aux aliénés et aux camionneurs lascifs. Mercredi, les enfants se sont mis à jouer de nouveau avec leur petit train South Shore. Merci Grâce à Dieu, qu'il il ne me faut pas conduire aller en voiture jusqu'à Chicago tous les jours, ça me rendrait complètement folle.



mercredi, janvier 07, 2004

 
Why can't I publish???



dimanche, janvier 04, 2004

 


Pourquoi est-ce que tout pauvre idiot en à Hobart (Indiana) qui ne sait pas conduire insiste pour conduire dans la rue Ainsworth? Je ne me souviens plus combien d'accidents ont eu lieu près de ma maison depuis que je l'habite. Ceci s'est passé samedi matin. Je ne l'ai même pas remarqué jusqu'à ce que je suis sois sortie dans le porche pour donner de la nourriture à la chatte, et voilà — une bagnole écrasée contre un arbre, trois autres voitures dont les gens sont sortis pour aider le pauvre idiot, et vite des polices, une ambulance pour porter le pauvre idiot à l'hôpital, et enfin cette dépanneuse pour enlever les restes.

Sans doute j'ai entendu le bruit quand la voiture a frappé l'arbre, mais je l'ai cru le bruit j'ai cru au bruit que fait la pompe dans mon puits chaque fois qu'elle s'éteint. Il y a tant de trucs dans l'environ les environs de chez moi qui font des grands bruits que je n'y prête plus grande attention à aucun. Et puis, quand j'apprends que le bruit était ce celui d'un accident, je me sens stupide de n'y avoir prêter attention.

Le premier accident, pas longtemps après que je me suis installée dans cette maison, a été minable: juste une jeune femme dont la voiture, en dérapant de la rue, a écrasé ma boîte à lettres. Elle ne s'est pas blessée. Elle m'a demandé l'usage de mon téléphone et puis elle a eu la gentillesse de me donner $20 pour acheter une nouvelle boîte à lettres.

Le matin en mars où a commencé l'orage de neige de 1998, un mec s'est présenté chez moi: "J'ai fait dérapé ma voiture dans la fosse, je ne peux pas la dégager, auriez-vous la gentillesse, mademoiselle, d'appeler la police pour m'assister?" Certainement, monsieur.

Un beau jour d'été, un autre mec s'est présenté à ma porte: "Mademoiselle, mon silencieux est tombé de ma voiture; auriez-vous la gentillesse de me prêter un cintre en fil pour que je le rattache?" Certainement, monsieur.

Un autre jour d'été, c'est un mec dont je vois la voiture à côté de la route: "Mademoiselle, auriez-vous la gentillesse de me prêter un peu d'essence?" Certainement, monsieur. Je lui donne ma boîte rouge d'essence et il me rapporte toute remplie, c'est gentil.

Une nuit d'automne tandis que je m'applique m'exerce à un une vidéo d'exercice, un mec se présente à la porte: "Je ne sais pas qu'est-ce qui s'est passé, mais j'ai remarqué deux motocyclettes dans les buissons à côté de la rue, près du poteau de téléphone, je crois qu'elles l'ont frappé. Pas de gens, juste des motocyclettes. Auriez-vous la gentillesse de me prêter une lampe électrique et appeler la police?" Certainement, monsieur. C'est drôle, les gens des motocyclettes n'étaient pas blessé du tout, ils sont allés à pied chez un ami afin qu'il leur prête son camion pick-up pour ramasser les motocyclettes. Ils se rendent à l'endroit de l'accident pour y trouver la police, l'ambulance, la dépanneuse et tout et tout.

Pas longtemps après, une voiture s'est écrasée contre le même poteau de téléphone: c'est un de ces accidents dont j'ai entendu le bruit sans y prêter grande attention jusqu'à ce j'ai jeté un coup d'oeil au-dehors pour voir les éclats de lumière de la police, l'ambulance, la dépanneuse.

En bref, dans la rue Ainsworth — ou dans ma maison, que sais-je? — il y a quelque chose de pas salutaire pour les bagnoles.




vendredi, janvier 02, 2004

 
Je viens de commander le calendrier des prêtres. Voilà $19.50 que je ne dois pas gaspiller, mais faut pas être si grippe-sou qu'on perde toute sa joie de vivre, n'est-ce pas? Ou si vous ne pensez pas que ce soit un bon raison vous pensez que ce n'est pas une bonne raison, trouvez -moi un m'en une autre, s'il vous plaît; j'en ai besoin.

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Recherche google du jour: "sodomie comment faire."

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Où diable est tout le monde aujourd'hui? Suis-je la seule qui bosse aujourd'hui, la seule qui écrit dans son journal? Bande de feignasses.

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Une très petite araignée s'est installée sur ma boîte de poudre à blanchir. Trop petite pour photographier. Trop petite, j'espère, pour être Veuve Noire.

Et voilà, c'est tout, puisqu'il n'y a personne pour me lire aujourd'hui.



jeudi, janvier 01, 2004

 
Mon dieu, déjà tant de commentaires!!! Un grand merci à tous mes nouveaux (nouvelles) profs de français! Vous m'avez incitée à ouvrir mon livre de grammaire poussiéreux pour m'éclaircir sur quelques points.

Goya > Sais-tu, mon ancienne prof de français au lycée, Mme Wackowski, nous a dit qu'on ne met pas d'accent sur les majuscules, une règle que j'ai toujours détestée car j'adore les caractères accentués! Il n'y en a pas en anglais, c'est si plat.

c.f.k. > Je ne connaissais pas l'expression "avoir une araignée au plafond," mais selon mon dico elle veut dire "to have a screw loose," i.e., être un peu fou. Je l'aime! On a plein d'expressions drôles pour dire la même chose en anglais, comme "Felicity has bats in her belfry — a geranium in her cranium — she's a few sandwiches short of a picnic" (version McDo: "she's a few fries short of a Happy Meal").

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J'ai dit à manu que ma salle de bains est plus laide que la sienne, et voici les preuves. D'abord, elle est minuscule et les murs sont d'une couleur "lavande d'enfer."



Deuxièmement, la baignoire est si profondément tachée par l'eau dure que c'est impossible de la rendre blanche. Il me faudra acheter une nouvelle baignoire un de ces siècles, mais d'abord il me faut acheter un nouveau adoucisseur d'eau, car le mien ne marche plus.



***********

Dans mon poste audio, j'ai dit qu'il y a toujours des cons qui tirent leurs fusils pour fêter la nouvelle année, et je viens d'entendre sur la radio qu'un mec a été tué ainsi en Chicago le soir passé.

 
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Je n'ai pas pu me souvenir du mot aboyer.



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La Chaine Litteraire
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