Une araignée au plafond
 

 
Une araignée au plafond 

alias "Madame Bovary, c'est moi"
(mais rien à voir avec Flaubert! rien à voir avec la série télé "Felicity"!
et pas une seule photo de salope nue ici, bande de pervers!)

And French she spak full fair and fetisly
After the scole of Stratford-atte-Bowe
For French of Paris was to hir unknowe.
---Geoffrey Chaucer, The Canterbury Tales

    




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mercredi, juillet 30, 2003

 
Je Suis Artiste, Tome II

Mon ombre sur l'eau glauque du Chicago River.



Un petit monde de lignes droites.



 
Ô les délices de bSTATS! Un internaut anonyme a fait une recherche Google sur "sites porno gratuit de femmes bien grases" et n'a trouvé qu'un seul site ... le mien! Peut-être tout les autres sites porno de femmes bien grasses coûtent du fric.

L'heure de déjeuner, je suis allée vers Lac Michigan pour voir les navires hauts (tall ships). Je n'ai fait que les entrevoir, au-delà du dernier pont mobile sur le Chicago River; je n'ai vu que leurs voiles blanches, tandis que les navires glissaient lentement sur l'eau du havre. C'est difficile d'approcher au bord du Lac Michigan sur pied. Il y avait du monde là, où je me suis arrêtée, et personne ne savait comment aller plus proche du lac. Perso, bien que je travaille depuis des années en Chicago, je ne suis jamais allée jusqu'au lac d'ici, des environs de La Boucle. De plus vers le nord, oui, et de plus vers le sud, mais jamais d'ici. C'est bizarre combien peu je profite de cette grande ville où je passe tant de ma vie. C'est de la paresse, ou de la dépression. Je me dis, "Je dois aller voir l'exhibition des daguerrotypes à l'Institut d'Art." Et je me réponds, "Mais pourquoi se donner la peine? Ça ne sert à rien, ça ne fait que manger du temps dont j'ai besoin pour nettoyer la maison." Vais-je les voir ou pas, il me faut tout de même faire manger les chiens, tondre le gazon, nettoyer la maison, faire la lessive, faire toutes les choses chiantes qui composent une vie.

C'est possible que toutes ces choses seraient un peu moins chiantes si j'allégerait mon esprit par un visite chez les daguerrotypes, mais je suis subjuguée par la force d'inertie.

Quant à les navires hauts, je ne sais pas qu'est-ce qu'ils sont, à qui ils appartiennent, pourquoi il sont venus à Chicago, et pourquoi je dois me soucier d'eux, mais il sont beaux.




mardi, juillet 29, 2003

 
Phoebe m'a gentiment corrigée sur l'emploi du verbe "sucer." Je suis, au fait, heureuse de trouver que la langue française fait une distinction entre un acte sexuel et l'état d'être méprisable. La langue américaine éprouve les deux sens à la fois, ce qui m'a toujours troublée. Je ne connais pas le français assez bien pour savoir à quel point dure cette distinction, mais je crains que ce ne soit pas lointain: je viens de rencontre, chez pilote.us, l'expression "je suis baisé," que je crois serait traduite en notre expression, "I'm fucked."

Je sais que "merde" et "chier" servent les mêmes rôles que notre "shit," mais ce n'est pas troublant parce que personne ne prétende que la merde a quelque chose à voir avec l'amour. Ce qui me trouble, c'est quand les mêmes mots servent à la fois l'amour et la haine les plus ardents. C'est bizarre! Je pourrais dire de mon mec adoré (si j'en avais un), "We spent all weekend fucking like sex-crazed weasels." Mais "Fuck you!" est parmi les plus graves et les plus vulgaires insultes de notre langue. Bizarre, bizarre, bizarre! Je me demande si ce double emploi n'est pas la preuve d'une misogynie inconsciente – car la personne qui (normalement) suce, qui (normalement) est baisée, c'est la femme; la personne qui est sucée, qui baise, c'est l'homme. Dire "you suck," c'est dire, "Tu agis en femme." Dire "I'm fucked," c'est dire, "Je suis réduit en femme." Dire "fuck you," c'est dire, "Je te réduis en femme."

Bizarre. Je ne suis pas linguiste; je ne sais pas s'il existe dans ce monde des langues qui ne mêlent pas la sexualité avec la haine. Je serais heureuse de trouver que de telles langues existent.



lundi, juillet 28, 2003

 
Je suis si stupide ces jours-ci. Pas une seule pensée dans la tête. Je ne sais pas si c'est la manque d'activité, ou le sirop à codéine, ou la fatigue d'être malade. C'est quelque chose, mais je suis trop stupide pour savoir quoi.



dimanche, juillet 27, 2003

 
Des orages. Aucune question de tondre le gazon. Faut avouer que je suis un peu lasse des orages. Tout juillet c'est des orages.

J'ai mal à la tête depuis quatre jours.

Mon émission de radio favorite le dimanche est coupée en demi. Ski & Skinner est devenu The Ski Anderson Show. On a virée Nancy Skinner car elle a fait l'annonce de sa candidature pour le Senate. Ça suce. Le virage, j'entends, pas sa candidature. Aussitôt que j'ai entendue la nouvelle de son virage, je suis allée à son website et je lui ai donnée de l'argent pour son campagne.



samedi, juillet 26, 2003

 
C'est ridicule. Je suis malade depuis deux semaines. J'ai mal à la gorge et à la tête, je tousse incessamment, mon ouïe est diminuée, le médecin m'a mise sous antibiotique et un sirop à la codéine. Et me voici qui me sens coupable parce que je ne tonds pas le gazon. Je suis en train de me persuader que je ne suis pas si malade, enfin; que tondre le gazon n'est pas tant de travail, que je dois cesser d'être une telle wimp, et tout et tout.

Faut que je reste dans la maison, faut que je me repose encore. Mais peut-être demain . . .



mercredi, juillet 23, 2003

 
Je m'absente de mon journal ces jours-ci parce que j'erre selon ma caprice dans le monde du diarisme anglophobe, terra incognita pour moi jusqu'ici. Bien que je sois anglophone, je suis entrée directement dans le diarisme francophone, sans même savoir que les journaux virtuels anglophones existent. Maintenant je les explore, les journal anglophone (JA). Et je me suis rendue compte d'un fait surprenant: dans les journaux francophones (JF), on ne peut pas laisser un mot dans un guestbook sans recevoir un accusé de réception de quelque sort, soit dans le même guestbook ou journal, soit dans votre guestbook à vous, soit par courriel. Mais on peut écrire une dissertation dans le guestbook d'un JA sans même être aperçu, evidemment. Et nous les américains sont censés être si aimables! et les français si snobs! C'est drôle. Voilà, c'est mon coup de gueule du jour.



lundi, juillet 21, 2003

 
De la circulation et McDonald's. Est-ce que mon appareil photo y a capturée l'essence de mon pays?



 
Toute la nuit des orages et encore des orages, des chiens effrayés, et la Felicity qui dort comme une morte à cause de la medicine pour rhume qu'elle a prise, reveillée seulement par les coups de tonnerre le plus violents, ou par les chiens qui exigent qu'elle les protège. J'ai quand même sortie ma petite horloge méchanique au cas où . . . mais pas de coupage de courant après tout. Seulement, la matin on annonce sur la radio qu'aucun train éléctrique ne marche! Faut conduire la voiture de l'Indiana à Chicago. Une aventure, stressante et chère ($18 pour le parking). Merci à Dieu qu'il ne me faut pas le faire toujours.

Je reste super super malade aujourd'hui. Droguée par la medicine pour rhume, mais malade quand même. Trop stupide pour dire n'importe quoi.

Séance de psy ce soir. J'en ai une tous les six mois. Juste pour renouvelé mon prozac.



dimanche, juillet 20, 2003

 
Moi la moule. La moule moi. Ça fait longtemps depuis que je n'aie posté ici. Mais j'étais très occupée au boulot, et aussi en lisant le journal de Tuba-boy, et ce weekend j'ai passé au lit, malade jusqu'à la mort d'une rhume d'enfer.

Je remercie Baptiste d'avoir laissé un mot si gentil dans mon guestbook; il me touche, mais il me rend perplexe à la même fois quand il fait mention de "cet amour de la vie que je semble avoir en moi." Et il n'est pas le premier, n'est pas le seul, à trouver les traces d'un tel amour en moi.

Amour de la vie? Moi? Moi???? Je suis prête à avouer que l'âme humaine a parfois des secrets pour elle-même, mais . . . mon âme peut-elle vraiment cacher quelque part un amour de la vie? Moi qui ai pensé (avant le prozac) si souvent au suicide, qui y pense encore dans mes crises? Moi qui ai comme devise, "La vie est une maladie fatale transmise par l'acte sexuel"? Comment est-ce que je donne au gens l'impression d'aimer la vie?

Je n'ai pas de réponse à cette question. Pardon, faut que je me couche encore, je suis toujours malade. Mais avant d'aller, je voudrais dire que j'ai enfin réussi à prendre des photos des éclairs! Les voilà:







lundi, juillet 14, 2003

 
Ma cervelle embrumée par la fatigue et le SPM.

J'ai craqué la semaine passée. J'ai gaspillé $30 pour quelques livres drôles (pas livrés encore), et $24 pour un autre truc nouveau. Mais je me croyais en plein vrai nervous breakdown. Vraiment. J'étais prête à tuer des gens, ou me tuer moi-même.

Il m'arrive parfois de croire que ma maladie peut devenir, un jour, plus forte que moi. Le fait que j'ai toujours été la plus forte ne veut pas forcément dire que je la serai toujours. Plus on vieillit, plus on perd son ressort.



samedi, juillet 12, 2003

 
Mon dieu! Quel cauchemar! Coupée d'internet! Pendant 24 heures! Et par un traître qui s'est caché au sein de ma propre maison: c'est mon répondeur! Il a eu un court-circuit lundi soir, je crois, pendant l'orage violent. Depuis lundi soir ma service de téléphone est devenue de plus en plus malade, et hier soir elle est morte. Il m'a fallu le mec de chez Verizon pour trouver que c'est mon répondeur perfide qui m'a joué le mauvais tour. Il a déconnecté le répondeur, et voilà -- j'ai mon internet adoré de nouveau.

Nettoyer la maison, faire la lessive, la vaisselle; tondre le gazon; pailler les tomates.

Je me suis aperçue que la grande plupart des photos que je prends, c'est des photos de:
(1) des fleurs
(2) le chemin de fer élevé en Chicago. Je suis fascinée par le "El," par les formes qui composent l'El, par les ombres qu'il jette sur la rue.




jeudi, juillet 10, 2003

 
Quel soulagement d'avoir ce journal, où je suis libre à dire que je vis une journée de merde aujourd'hui, je déteste mon boulot, je déteste tout le monde, je déteste moi-même, je déteste la vie, JE VEUX CREVER!

Je souhaite avoir le SPM! Mais c'est trop tôt! C'est juste la vie qui me fait si misérable! Non, ce n'est pas la vie, c'est moi-même, c'est être renfermée dans cette cervelle noir et embrumée, dans ce corps fatigué, lent et maladroit, qui ne sait ni parler ni marcher. C'est voir les mêmes choses, c'est faire les mêmes choses, jour après jour, année après année, c'est être moi-même, jour après jour jusqu'à l'éternité. J'ai toujours détesté mon propre corps, mais il y a des jours, comme aujourd'hui, où il devient insupportable. Comment diable est-ce que les autres savent me supporter? (Comment sais-je supporter les autres?)




mardi, juillet 08, 2003

 
Je viens de passer deux heures et demi à chercher pourquoi je ne peux pas me connecter à Internet. J'ai fini par trouver que quelque chose ne marche pas dans mon surge protector. Si seulement j'y ai pensé d'abord! Pas besoin de parler à Tech Support! Juste bypasser le surge protector et connecter le modem directement à le wall jack!

Je suis si énervée que je ne sais plus parler le français.

J'ai raté toutes les photos des éclairs, mais j'ai prise une photo des chandelles:



Mon dieu, depuis que j'ai un appareil photo numérique et je poste un tas de photos dans mon journal, je le trouve plus agréable que jamais! Même si je le dis, je prends parfois des photos charmantes. Enfin, j'ai des chevilles grosses.


 
Crevée. Un orage violent hier soir m'a coupé le sommeil, m'a coupé aussi le courant. Faut me lever, chercher les allumettes et les chandelles, faire taire l'alarme de la pompe auxiliaire dans la cave, chercher ma petite horloge-reveille-matin mécanique, chercher à calmer les chiens qui ont tous peur de la tonnerre. Et puis, bien sûr, il me faut sortir mon appareil photo numérique et essayer de prendre des photos des éclairs et des chandelles. Je suis maniaque à propos de mon appareil photo numérique. A ce soir pour voir si j'ai ratées les photos.

Et puis j'ai grande peine à m'endormir de nouveau.

Le courant est revenu ce matin tandis que je me prête pour aller au boulot. Se maquiller dans la lumière d'une chandelle, c'est pas facile. J'avais peur de finir par ressembler à Katherine Harris (joke pour les américains).

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Je remercie bb et alyssa pour les messages gentils dans mon guestbook. Oh, si seulement tous les américains seraient aussi illuminés que moi! ;)

Perceval m'a fait bien rire avec ses critiques des films américains, ici
et .

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dimanche, juillet 06, 2003

 
Enfin, aucune tornade, mais quelques orages, l'un après l'autre.

Un orage s'approche du nord.



Après l'orage.


 
Comment j'ai passé un après-midi du dimanche en plein été.









J'ai réparée ma grande machine à couper les buissons. J'allais tondre la pelouse mais il s'est mis à pleuvoir, donc, avec grand regret, j'ai dû renoncer ce dernier projet. Maintenant on attend des tornades.



samedi, juillet 05, 2003

 
Rien à dire. Franchement. ;)

Mais la rose et le lis sont en fleur chez moi.





La rose et le lis, d'où vient mon vrai nom à moi.



vendredi, juillet 04, 2003

 
4 juillet

Puisque c'est la fête de l'indépendance, je dois dire quelque chose là-dessus. Mais je me fiche un peu du 4 juillet. C'est plutôt quand je me trouve devant la machine à voter que je pense à mon pays, à ma liberté, à sa fragilité.

Dernièrement j'ai dit des choses sur Bush et mes craintes pour la future de mon pays s'il soit (ré)élu en 2004. Mais je me dis aussi qu'il se peut bien que je dramatise. Car dans l'histoire de mon pays il y a des vrais horreurs ... mais mon pays dure toujours.

Ce qu'on fête aujourd'hui, c'est la signature de la déclaration de l'indépendance; mais le 4 juillet 1776, tandis qu'on parlait de la liberté en Philadelphia, il y avait partout dans notre pays des milles et des milles de gens en esclavage. Quand notre constitution a été ratifié, la plupart des citoyens n'avaient pas le droit de voter. La moitié de notre population n'a pas obtenu le droit de voter qu'en 1920 ― il y a pas même une siècle! Nous avons éprouvé une guerre civile sanglante; une épidémie meurtrieuse de l'influenza; deux guerres mondiales; la Grande Dépression; l'époque de Joe McCarthy, quand notre liberté a tant souffert sous la chasse aux sorcières Communistes; la lutte amère dans les années 60s pour les droits humaines de tous les américains … une foule d'horreurs. Et nous les avons survécu. Les plus grandes menaces contre notre liberté sont toujours venues du dedans, de nous-même. Mais nous les avons survécu, et nous nous sommes trouvés mieux après. Je ne peux qu'espérer que la même chose se passera, maintenant que la plus grande menace vient ou du Department of Homeland Security ou du contrôle de notre gouvernement par les grandes sociétés multi-nationales.

Seulement, les horreurs d'autrefois se sont passés sans internet, sans bombes nucléaires, sans le contrôle des medias par trois ou quatre énormes sociétés. Les forces contre la liberté ont plus d'armes que jamais.

Oui, mais il y a une semaine la Cour Suprême, censée conservatrice, a dit que les lois contre la sodomie sont contre la Constitution. Il y a deux semaines, j'ai lu dans le Chicago Tribune qu'une majorité des gens d'Illinois approuve le mariage entre deux gens du même sexe. Tant de libéralisme serait inconcevable il y a … quoi? trente ans? Et dernièrement j'entends de plus en plus des questions sur Bush et l'Irak. Et Howard Dean, Démocrat, réjouit d'un mouvement grassroots sur internet qui appui sa candidature en 2004. Et cetera, et cetera.

Donc j'ai des raisons pour craindre, ce jour de fête, et j'ai des raisons pour espérer. Je veux espérer. Je le veux bien.



mercredi, juillet 02, 2003

 
Je sais qu'un poulet peut vivre quelques jours après qu'on lui coupe la tête.

Hier je suis allée à McDonald's pour déjeuner. C'est très rare que j'y mets les pieds. Mais j'ai eu envie d'essayer leurs nouvelles salades. Si Paul Newman s'en mêle, ça doit être bon, n'est-ce pas?

J'ai achetée une salade California Cobb avec du poulet. C'est la moitié du blanc de poulet grillé. Pas déchiré, pas même coupé en petits morceaux. Difficile donc de ne pas se rendre compte que c'est la poitrine d'un être jadis vivant. En mangeant, j'y rencontre des tendons parmi les muscles. C'est dégueulasse, je n'aime pas manger ça. Je ne peux pas arrêter de penser que ces tendons, ces muscles sont là pour que le poulet marche, vole, mange; et après qu'on l'avait tué, cet être vivant, me voici, petite bourgeoise sans importance, qui fais fi de ses tendons. C'est à se briser le cœur.

Ainsi je me tourmente. C'est la même chose quand je rencontre, sur la grande route, un camion plein de vaches ou de cochons. J'ai un soulèvement de coeur; je me dis: on porte ces animaux vers la mort.

Mais je sais qu'un poulet peut vivre quelques jours après qu'on lui coupe la tête. C'est-à-dire que ce n'est pas un être très conscient! La difficulté est plutôt que je ne peux pas séparer le poulet, la vache, le cochon d'aujourd'hui de ceux d'autrefois, ni ceux d'autrefois d'une époque entière de ma vie à moi. Je mange du poulet et je pense à l'innocence. Je vois sur la route un grand camion plein de vaches et aussitôt je vois l'aube naissante sous laquelle la voiture de mon père, pleine de petits enfants endormis (y compris moi), se met sur la grande route vers le Missouri, vers la ferme de mon oncle et ma tante, se met sur une route plus vide qu'elle ne soit jamais ces jours-ci, dans un matin tranquille et plein de promesse comme les matins de ces jours ne sont plus. J'entrevois des vaches dans un camion et je pense aux vaches favorites de ma tante Jeanne, ma chère tante, si gentille envers moi, qui est morte il y a quinze ans, je pense à sa ferme, aux vaches, aux chevaux, aux chèvres, aux cochons, aux poulets qui y faisaient les délices de mes vacances, je pense à la brume dans la vallée le matin et au soleil couchant sur les montagnes Ozark. Je pense à l'époque quand je ne connaissais rien de la monotonie écrasante de la vie des grands, de la politique, de la dépression, de l'énorme silence qui allait plus tard descendre sur ma vie; quand j'ignorais les déceptions et les haines secrètes qui tourmentaient les êtres qui m'étaient chères; quand, avec le narcissisme d'enfance, je croyais tout le monde beau et toute la vie belle parce qu'on me laisse jouer à volonté dans le grenier parfumé par le foin.

Quand le blanc d'un poulet comprend tant de liberté, d'innocence, de bonheur, comment le voir méprisé sans un grand serrement de cœur? Comment voir des vaches, ces souvenirs de mes illusions, sur la route vers l'abattoir sans pleurer mes illusions abattues?

…Et tout ça d'une salade de chez McDonald's. La vie d'une névrosée n'est pas facile.




mardi, juillet 01, 2003

 
CHICAGO

HOG Butcher for the World,
Tool Maker, Stacker of Wheat,
Player with Railroads and the Nation's Freight Handler;
Stormy, husky, brawling,
City of the Big Shoulders:

They tell me you are wicked and I believe them, for I
have seen your painted women under the gas lamps
luring the farm boys.
And they tell me you are crooked and I answer: Yes, it
is true I have seen the gunman kill and go free to
kill again.
And they tell me you are brutal and my reply is: On the
faces of women and children I have seen the marks
of wanton hunger.
And having answered so I turn once more to those who
sneer at this my city, and I give them back the sneer
and say to them:
Come and show me another city with lifted head singing
so proud to be alive and coarse and strong and cunning.
Flinging magnetic curses amid the toil of piling job on
job, here is a tall bold slugger set vivid against the
little soft cities;

Fierce as a dog with tongue lapping for action, cunning
as a savage pitted against the wilderness,
Bareheaded,
Shoveling,
Wrecking,
Planning,
Building, breaking, rebuilding,
Under the smoke, dust all over his mouth, laughing with
white teeth,
Under the terrible burden of destiny laughing as a young
man laughs,
Laughing even as an ignorant fighter laughs who has
never lost a battle,
Bragging and laughing that under his wrist is the pulse.
and under his ribs the heart of the people,
Laughing!
Laughing the stormy, husky, brawling laughter of
Youth, half-naked, sweating, proud to be Hog
Butcher, Tool Maker, Stacker of Wheat, Player with
Railroads and Freight Handler to the Nation.

--Carl Sandburg




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La Chaine Litteraire
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