Une araignée au plafond
 

 
Une araignée au plafond 

alias "Madame Bovary, c'est moi"
(mais rien à voir avec Flaubert! rien à voir avec la série télé "Felicity"!
et pas une seule photo de salope nue ici, bande de pervers!)

And French she spak full fair and fetisly
After the scole of Stratford-atte-Bowe
For French of Paris was to hir unknowe.
---Geoffrey Chaucer, The Canterbury Tales

    




HOME

ARCHIVES

Des journaux que je lis:
Déneevrance
babardages…
Une étoile parmi tant d'autres
Je vais me coucher
Alors là! Une française qui blogue en anglais: Nef
Et en tous les deux: Jean-Michel
Mon autre journal: en anglais!
I do occasionally read journals in English, e.g.,
djc360!
and Sam ***************************************** Mes Forums Favoris --

c'est gentil.
Chez La Regle du Je, c'est pas gentil, mais amusant!
*****************************************

powered by SignMyGuestbook.com


Liste de blogs

*****************************************

 

mercredi, juillet 12, 2006

 
Quelle surprise de trouver qu’il reste dans le monde même une seule personne qui se rend ici par dessein et non pas par accident de recherche Google ! Mais bon, puisqu’il se peut qu’on se demande de temps en temps pourquoi diable Felicity ne vient plus bavarder ici, c’est que j’écris un roman, et c’est le besogne le plus #@%$&!! difficile que j’ai jamais essayé de ma vie, ça mange tant de temps et tant de force !

Je me suis mise à écrire au temps de National Novel Writing Month, novembre 2005, avec très peu d’idée de quoi j’allais dire. À la fin de novembre, je n’ai pas gagné les 50.000 mots, mais j’ai gagné une plus grande idée de quoi dire. En mars 2006 j’ai fini le premier brouillon de mon premier roman, environ 60.000 mots. (Pour parler avec précision, c’est mon deuxième roman, mais le premier, ce n’est qu’une idée et environ 1.500 mots.) C’est une histoire de revenant (oui, oui, c’est ridicule, mais je m’en fous) et je l’appelle A Man Around the House. Maintenant je me mets à le rediger ; j’ai commencé le deuxième brouillon. Et le deuxième brouillon ne sera pas le dernier, croyez-moi !

Et non, les 20 Worst Agents, ce n’est pas m’a qu’ils ont floué. Il me faut d’abord finir mon roman, alors je serai prête à être flouée par des agences.




jeudi, mai 25, 2006

 
Barbara Bauer

Je le fais pour Google.



dimanche, septembre 26, 2004

 
La Meuf sur le toit

L'ampoule au sommet du toit ne s'allume plus. Ça n'a pas l'air d'être trop haut, six mètres au plus. Ce n'est rien.



Faut grimper sur ce truc, eh? … bon, je vais apporter mon portable, juste au cas où je aurai le courage de monter mais pas de descendre! C'est pour précisément des circonstances comme ça qu'ils existent, les pompiers!



Après essayer deux ou trois fois, je suis enfin sur le toit. Remplacer l'ampoule avec une nouvelle, c'est très facile.



Et puis je regarde vers le sol … évidemment je me suis trompée. Ce n'est pas six mètres — c'est 275 mètres au moins!!!…. mais jamais je n'appellerai les pompiers, ce serait trop trop trop embarrassant! Non mais! Je préfère passer le reste de ma vie sur le toit!



Oui, je suis descendue, enfin, toute seule. Maintenant il fait complètement noir et cette ampoule de merde ne s'allume pas! Il me faudra remonter, un de ces jours, et remplacer la lumière entière. Je ne compte pas survivre une telle aventure. Donc adieu à toutes et à tous.




vendredi, septembre 03, 2004

 
Tout en faisant semblant de travailler, j'écris ces mots sur mon ordi. Je suis au boulot, et, chose bizarre, je n'ai pas grande envie d'en partir, tant ces vendredis avant un week-end de trois jours sont paisibles — puisqu'un grand nombre de gens s'esquivent tôt du bureau — et prometteurs — puisqu'un long week-end est toujours meilleur vu d'avant que d'après, comme tout jour de fête. On attend quelque chose de remarquable d'un jour de fête, mais ce n'est qu'un jour, et un week-end de trois jours n'est que trois jours. Quand je me réveille demain matin, je serais fatiguée, comme toujours, et il me faudra nettoyer la maison, comme toujours. Mais aujourd'hui j'ai encore mes illusions, et j'en prends plaisir.

En parlant de plaisir, j'écoute Ave verum corpus de Mozart, je m'imagine qui le chante, et je me demande pourquoi chanter est un tel plaisir physique. Est-ce parce que ça vous fait respirer profondément? Mais atteindre tel ou tel note, c'est aussi un plaisir physique — ou je crois que c'est physique — parfois je ne sais pas distinguer entre physique et mentale, ni même si ce serait possible de les distinguer.

Quoique je sois en train de guérir, je crois, de l'anémie, je souffre toujours du pica — mais souffrir n'est pas précisément le mot juste. J'ai toujours ces désirs puissants mais bizarres, qui ne peuvent jamais être rassasiés: puisque manger des poignées de sable, ça vous rendrait énormément malade, et manger de la poussière du ciment, ça vous tuerait ou au moins vous ferait souhaiter être mort. Au milieu de Chicago, on est toujours en train de bâtir un immeuble, et presque tous les jours il me faut sentir du ciment mouillé; en plus, tout matin et tout soir je vois du train des grandes collines de sable et de gravier. Ça me fait tresaillir de désir. Je croyais autrefois que désirer sans pouvoir se rassasier, c'est pénible, mais est-ce peut-être que les choses que je désirais autrefois étaient des choses dont j'avais vraiment besoin, comme de l'eau ou de la nourriture. Je n'ai pas vraiment besoin du sable, mais je le désire tant que juste mettre le pied sur un peu de sable au sol me donne l'orgasme, presque. Désirer sans atteindre, en ce cas, est le plaisir; c'est atteindre qui serait pénible.

***********

Mon salaud de chef vient de me donner du travail, faut que je me tais.



mardi, août 03, 2004

 
J'essaie de prendre une photo artistique avec un grand champignon qui a poussé dans la cour chez moi.

Ma main a l'air d'être déformée. Le champignon a l'air d'être venimeux. Mais je suis prête à perdre ma vie pour l'art.





vendredi, juillet 16, 2004

 
Relâchez-vous.

"Relâchez-vous!" dit le docteur.

Comment DIABLE veut-tu que je me relâche quand il y a un type qui me bourre le c*n d'un grand truc métallique?

Pourquoi dit-on toujours relâchez-vous quand on est en train de vous torturer? Quand je me trouve au milieu des flammes de l'enfer pour l'éternité, sans doute Satan va me dire: "Relâchez-vous, madame, on a presque fini."

"Il vous faut relâcher la derrière, sinon le speculum va vous faire du mal," dit-il.
 
Le speculum va me faire du mal EN TOUT CAS, espèce d'idiot!

"Relâchez-vous les genoux, ça vous aidera," dit-il.

Je vais relâcher le pied dans ton cul, salaud! (Non, ça ne fait aucun sens, mais il me fait du bien de le dire.)

Après le speculum vient la seringue pour m'anesthésier le cervix. Ça me fait du mal, mais pas autant que le speculum. Après la seringue vient la pipelle pour prendre un peu de tissu pour la biopsie. Ça me fait du mal, mais pas autant que la seringue.

Je ne dois pas appeller mon docteur un salaud. Je le trouve très sympa, au moins quand il n'est pas en train de vous bourrer le c*n d'un grand truc métallique. Et d'ailleurs quand tout ce brouhaha sera fini, je vais attendre encore une vingtaine d'années avant de le voir de nouveau. Ce sera une vingtaine d'années pour me relâcher.




samedi, juillet 10, 2004

 
Trop fatiguée pour écrire, mais jamais trop fatiguée pour prendre des photos artistiques!

Ici, ma maison réfléchie dans la mangeoire pour colibris.






mardi, juin 29, 2004

 


Ma petite-nièce. Elle n’est pas aussi laide que la plupart des bébés.



lundi, juin 28, 2004

 
C'est drôle (à moi au moins), qu'un truc qui a commencé comme blague finit par être la vraie histoire. Je crois que c'est mes ragnagnas qui m'ont donné l'anémie, et c'est l'anémie qui me donne cette apathie profonde et cette fatigue énorme qui me font écrire si peu en anglais et a fortiori presque pas du tout en français.

Et d'ailleurs, maintenant que je sais qu'il ne s'agit pas que de la paresse — que je suis vraiment malade de façon ou d'autre — je cède à ma faiblesse, je me livre à ma fatigue.

Et d'ailleurs d'ailleurs d'ailleurs c'est la saison de TONDRE LE GAZON, bordel! Combien de travail autour de ma petite maison dans la prairie!

Comme j'ai dit, je crois que ce n'est rien de plus sérieux que mes ragnagnas, parce que ce serait précisément mon genre de chance — d'avoir une maladie qui me rend incapable de vivre mais qui n'a pas la gentillesse de me tuer.

.
.
.
(Faut confesser, ça me fait du bien d'écrire un peu en français après tout ce temps!)




mardi, avril 06, 2004

 
JOURNAL EN GRÈVE CONTRE LES RAGNAGNAS!!!

J'en ai marre!

Pas un mot de plus jusqu'àu moment où les ragnagnas soient seront extirpées du monde!!!!




jeudi, avril 01, 2004

 




mercredi, mars 31, 2004

 
Quel genre d'animal est assez petit pour entrer dans le garage par les trous de souris, mais assez grand pour emporter les cadavres des souris tuées par mes souricières? Il a emporté aussi une de mes souricières, sur sa patte ou sur son nez, je ne veux même pas me le figurer.

J'écoute la radio à ce moment, c'est une station nouvelle, Air America Radio. Elle fait son début aujourd'hui. C'est une station de gauche, une chose très rare dans ce pays, où la grand plupart des émissions de radio sont de la droite, comme Rush Limbaugh.



samedi, mars 27, 2004

 
Le gazon est vert. C'est le printemps. Bientôt viennent les tiques.



* * * * * * *

Tuer une coccinelle, ça ne se fait pas.

Donc j'ai attrapé et jeté par la fenêtre une bonne dizaine, ou plutôt une quinzaine, une vingtaine de coccinelles aujourd'hui, avant de nettoyer la maison.

Et maintenant j'entends le grattement d'une coccinelle qui vole autour de la lumière au plafond de la cuisine, se frôlant contre la glace et se frappant contre la chaîne-commutateuse. (Néologisme, je m'en fiche.)

J'étais une tueuse en série de coccinelles quand j'étais une petite fille. Je les détestais avec une haine implacable parce qu'elles sont si belles et je me croyais si horriblement laide.

Et maintenant quand je suis en train de balayer et, parmi la poussière et les poils de chien au sol, j'aperçois une coccinelle encore en vie, j'y fouille avec mes propres mains pour la sauver et la donner sa liberté par la fenêtre.

Elle est allée où, la petite tueuse en série?

C'est toujours moi, n'est-ce pas?



lundi, mars 22, 2004

 
Je sais que c'est un raton laveur qui vient chaque nuit manger la nourriture de ma chatte Laura dans le porche, bien que je ne l'aie pas vu. J'ai vu le bol vidé le matin, j'ai vu dans l'autre bol l'eau tachée de miettes, j'ai vu les petites flaques d'eau par ici et par là entre le bol pour la nourriture et le bol pour l'eau.

Maya aussi sait que c'est un non-Laura, bien qu'elle ne l'aie jamais vu non plus, ni les bols, ni les flaques d'eau. À travers la porte, sans rien voir, elle le sait. C'est son nez, je suppose, qui dit, "Eh, ça ne sent pas de la Laura!" — à travers la porte fermée. Et elle se met à aboyer comme une folle.

Peut-être un chat sait-il distinguer entre un autre chat et un raton laveur à travers une porte fermée, mais le chat ne se donne pas la peine de vous le dire.



dimanche, mars 14, 2004

 
Si je ne ressens plus le besoin du recul que me donne une langue étrangère, je dois m'en réjouir: ça implique du progrès. Si je ne me sens plus fausse quand j'entends ma voix qui parle ma langue maternelle, je dois m'en réjouir: c'est être la bienvenue chez moi. Si je suis bien dans ma peau, je dois trouver des mots plus originels pour le dire.

MON ANGLAIS EST CORRECT, JE PEUX EN TRAVAILLER LE STYLE, TANDIS QUE MON FRANCAIS N'EST PAS MEME CORRECT. Je dois donner autant d'effort à écrire bien en anglais que j'ai donné à écrire de façon adéquate en français.

**********

Trouvé dans mes stats, des recherches sur:
"argument araignée"
"claustrophobie chez les insectes"

Ce dernier: comment savoir?



mercredi, mars 10, 2004

 
Comme tous les matins, on arrive à la gare de la rue Randolph, la fin du trajet de mon train. À peine réveillée, je fais l'inventaire de mes trucs — j'ai mon sac à main? mon sac à dos? mes gants? j'ai mis mon livre dans le sac à dos? — et le cerveau encore enbrumé par le sommeil, je me mets en marche avec les autres bestiaux. Loin au-dessous de mes yeux baissés je vois marcher deux jambes moches et maladroites, qui me semblent étranges, et dans un petit moment de panique, passagère mais vraie, je me dis: «Ah zut, j’étais si préoccupée par mon sac à dos et mes gants que je me suis trompée sur le corps, je n’ai pas emporté le bon corps, celui appartient à quelqu’un d’autre!»

C’est le manque de sommeil qui me fait avoir ainsi tout en marchant des pensées aussi bizarres que si je rêvais dans mon lit.



lundi, mars 08, 2004

 
La tête me tourne un peu à cause de mes nouvelles lentilles de contact. Elles me donnent l'impression que je n'ai qu'un mètre de taille, moi, et que l'écran de mon ordinateur a un mètre de largeur. Lire un livre m'est presque impossible.

Ça ira mieux demain, j'espère. Ou le lendemain.

Il m'a fallu arrêter de porter des lentilles il y a plus que quinze ans, quand l'ophtalmologiste s'est aperçu que des petits vaisseaux sanguins étaient en train de pousser vers mes cornées — manque d'oxygène sous les lentilles. Ma nouvelle ophtalmologiste m'a dit que ces jours-ci on fait des meilleures lentilles. J'espère que celles-ci marcheront. J'en ai marre des lunettes.



mardi, mars 02, 2004

 




Non, je ne vais pas ajouter des explications. Si j'expliquais, il ne s'agirait plus de L'ART.



mardi, février 24, 2004

 
Parfois on fouille dans son frigo et trouve à l'arrière une petite boîte en plastique, oubliée depuis longtemps, remplie de ... quelque chose, on ne sait plus. On se souvient vaguement d'avoir fait une soupe délicieuse il y a quelques mois, et d'avoir mis les restes dans cette boîte, mais la matière qui habite maintenant la boîte est tout ce que la soupe n'était pas: verte, blanche, noire et poilue. Non seulement est-ce que la soupe est immangeable: la boîte a été rendue inutile, parce que la nettoyer serait trop dégoûtant; rien à faire que de la jetter dans la poubelle. Une boîte très bien, perdue par son contient contenu.

C'est l'histoire de mon crâne, un crâne très bien, dans laquelle je croyais avoir mis quelque chose d'intéressant il y a longtemps, et qui toujours pourrait servir à quelque chose, mais rempli comme il est maintenant de ce cerveau pourri, rien à faire que de l'enterrir l'enterrer. Quel Quelle dommage.




vendredi, février 20, 2004

 
Crevée. J'ai besoin des vacances de mes vacances. Aujourd'hui je me suis promenée un peu, dans la pluie, la boue et les restes de la neige, au bord du lac George à Hobart, où il y a des oiseaux d'eau demi-sauvages, demi-apprivoisés. Voici les canards les plus laids du monde:



(Ou sont-ils des oies? Je ne sais pas.) Et voici les cygnes, beaux mais toujours de d'une mauvaise humeur:



Ces oiseaux avaient un peu peur de moi, mais à la même fois en même temps ils me regardaient attentivement, au cas où j'aurais du pain pour eux. Mais je n'avais pas de pain; j'y étais été allée à l'improviste, suite à une prise de conscience que mes vacances étaient devenues insupportables — tant de travail, si peu d'amusement.

Mais une promenade dans du temps pluvieux, d'une après-midi terne ne me suffit pas. La magique des vacances a perdu son pouvoir. Je suis toujours fatiguée et déprimée.



mardi, février 17, 2004

 
Le dernier point . . .



. . . et j'ai fini une de mes robes de soie pour l'été. La prochaine sera plus difficile, car la soie verte est plus claire et ne cachera pas si bien mes petites fautes.

Je déteste faire les courses. C'est ainsi que j'ai passé toute la matinée tout le matin. J'ai même mis les pieds le pied chez Wal-mart, quelle supplice! Je n'y suis allée que pour acheter des souricières comme ça:



qui sont les seules souricières qui ont jamais marché pour moi dans mon garage, où les souris maudites ont mangé les fils dans ma voiture il y a deux ans, ce qui m'a coûté un gros tas de fric. Et ces cons chez Wal-mart ne les vendent plus! Encore une raison pour les détester!

De retour chez moi, crevée, j'ai dormi deux heures. Délicieux. Rien de plus délicieux dans la vie que dormir.



jeudi, février 12, 2004

 
Jusqu'ici c'était une semaine merdique, mais comment rester dans les profondeurs de la dépression après un truc comme ça? — ce que Babar a fait avec ma "Petite Araignée" — il m'a rendu chanteuse!

Ce serait agréable s'il pourrait me rendre jeune et belle aussi. Et riche, pendant qu'on y est.



dimanche, février 08, 2004

 


J'ai acheté deux soies pour me coudre deux robes d'été. Je n'aime pas coudre mais j'aime encore moins payer un tas de fric pour les robes laides dans les magasins. Ce sera du boulot. J'espère que je ne les gâterai pas.

Je suis déprimée et presque sans cervelle. Ce n'est pas de ma faute. C'est la faute du

SPM!!!!!!!!


Toute la semaine mes stats n'étaient que des recherches du genre "janet jackson seins superbowl." Et une seule recherche sur "comment ce masturber et a quel endroit si je suis une fille."



lundi, février 02, 2004

 


C'est mon abominable homme des neiges à moi que j'ai fait!

Quant au sein de Janet Jackson, je m'en contre-fous.



dimanche, février 01, 2004

 


Samedi après-midi: le soleil couchant vu à travers les glaçons qui pendent au-dessus de la porte à l'arrière de ma maison.

************

C'est le jour du SuperBowl; ça explique le vide qui est l'Internet américain aujourd'hui. Mais pourquoi est-ce que les français, les canadiens, les belges etc. se taisent aussi? C'est peut-être qu'à cause du décalage horaire ils savent déjà les résultats du SuperBowl.

C'est une blague, pas besoin de me laisser des commentaires pour dire qu'on s'en contre-fout du SuperBowl. Moi aussi je m'en contre-fous.

Je n'aime pas ce désir de trouver du monde sur mon ordinateur, moi qui étais naguère si indépendante, voire ermite, qui suis toujours si timide que les gens en chair et os m'insupportent. J'ai pris l'habitude des relations virtuelles jusqu'à en avoir besoin. Mais les gens à l'autre côté de l'écran, les vrais gens, ils ont des besoins plus grands que je ne peux pas satisfaire; donc il m'est interdit de solliciter leur attention.



jeudi, janvier 29, 2004

 
Mon pauvre cerveau est gelé. Il ne sert à rien aujourd’hui. Je n'ai rien à dire, je me satisfais à changer le nom de mon journal, car j’adore cette expression — « avoir un arraignée une araignée au plafond » — et d'ailleurs quelqu'un vient de trouver ce site par une recherche google là-dessus.

Et pourquoi pas un peu de pub, pendant qu'on y est? (on est où? sais pas) pour ce site:

Obsolettres

... quoique je ne compte pas en devenir membre. Pour ce qui est d'écrire, quand mon cerveau n'est pas gelé, ce n'est pas les idées qui me manquent, ce n'est pas les astuces, ce n'est pas en être astreinte, c'est le temps! Et ces gens ne peuvent pas m'en donner plus, combien aussi sympas soient-ils.

Et maintenant je vais au-dehors à la recherche du déjeuner, et c'est très probable que je vais mourir meure du froid. Adieu.




mardi, janvier 27, 2004

 
Ma tête est bourrée de Mozart ce jour, son 248ième anniversaire.

Mon opéra favori de Mozart est Les Noces de Figaro . . . sauf qu'il y avait un temps où je détestais le finale du deuxième acte — le bout du finale: "Certo, un diavol dell'inferno qui li ha fatti capitar." Je détestais tant ce morceau qu'il m'a fallu me fallait, quand j'écoutais l'opéra chez moi, me précipiter sur le joueur de disques pour l'éteigner l'éteindre à chaque reprise de ces lignes.

Un peu plus tôt dans le deuxième acte, quand Figaro prétend que c'était lui (et pas Cherubino) qui a sauté de la fenêtre de la comtesse, il dit: "Saltai giù dal terrore confuso . . . e stravolto m'ho un nervo del piè!" ("J'y ai sauté, confus de terreur . . . et je me suis donné une entorse à la cheville!") Le truc bizarre, c'est qu'il m'a fallu une entorse à la cheville à moi, pour arriver enfin non seulement à aimer "Certo, un diavol dell'inferno" mais aussi à lire et écrire assez bien le français.

Mon entorse a été le résultat de ma décision, prise un bon matin en marchant jusq'au boulot, de faire quelque chose de différente différent pour une fois. Si plate était ma vie à cette époque, que pour moi "faire quelque chose de différente différent" voulait dire: sauter cette flaque d'eau sur la jambe droite au lieu de la jambe gauche. Mais le destin a voulu qu'à que de l'autre côté de la flaque, juste au bord et encore caché par l'eau, il y avait ait un petit trou, à l'endroit précis où s'est atterré mon pied droit. Résultat: une entorse à la cheville droite, et puis quelque jours d'immobilité pour moi — vraiment, quelque chose de différente différent.

Pendant ces jours d'immobilité, je me distrayais en écoutant Les Noces de Figaro. Mais c'est très difficile de se précipiter sur un joueur de disques quand on a la cheville gonflée et douleureuse douloureuse. J'ai pris le parti de me faire souffrir par mes oreilles au lieu de par ma cheville, c'est-à-dire d'écouter patiemment "Certo, un diavol dell'inferno." Tant de souffrance! . . . mais, peut-être pas tant de souffrance . . . mais, après tout, ce n'est pas si mal . . . pas si mal du tout . . . mais . . . bordel de merde, c'est brillant, ce truc! Comment est-ce que je n'ai jamais entendu — certes, il faut être possédé par un diable pour ne pas entendre que c'est brillant!

C'était C'est l'immobilité aussi qui m'a apprise appris la patience pour lire, vraiment lire, les romans français. Auparavant, ma velléité de les lire était presque écrasée sous une énorme parresse. Je ne faisais que les parcourir; j'avais toujours la flemme d'aller chercher des mots inconnus dans le dico; et quand la construction étrange d'une phrase française m'a laissée me laissait confuse, je l'ai sautée la sautais, car je n'avais pas besoin de comprendre chaque phrase pour comprendre, plus ou moins, le tout du roman. Et puis est venue la cheville douleureuse douloureuse et le loisir forcé. On ne peut pas écouter Les Noces de Figaro toute la journée; je me suis mise à lire, et avec attention pour la première fois. J'ai choisi Les Faux-monnayeurs de Gide: version original, traduction, livre de grammaire, dico français-anglais, et carnet pour noter tous les mots inconnus. Je me suis efforcée à de comprendre chaque mot et chaque phrase. Que de boulot! — mais ça a valu en valait la peine.

Moral de l'histoire: Les profs de français doivent avoir les chevilles grosses qui enflent, ou quelque chose comme ça, je ne sais plus.



dimanche, janvier 25, 2004

 


Il y a longtemps j'ai lu un livre historique intéressant, du titre Blanc sur noir: Les attitudes américaines envers le nègre, 1550-1812. Ce qui m'a resté de cette lecture, c'est une certaine attitude que l'auteur (Winthrop Jordan) a trouvée à plusieurs reprises parmi les blancs: l'idée que l'homme est, dans son essence, blanc; que la noirceur est un masque qui cache et déforme l'homme dessous; que ce serait désirable que la noirceur finisse par disparaître de la race humaine, afin que le masque puisse tomber à jamais et l'homme puisse être enfin révélé dans sa belle vérité blanche, et puis ce serait la paix et la bienveillance partout dans le monde.*

Parfois en lisant les notices nécrologiques dans le journal, je tombe sur une dont la photo est du défunt dans sa jeunesse (il y a longtemps, selon les modes des cheveux et des vêtements). À côté des autres notices, avec leurs photos des vieux, ça me frappe: il me semble qu'enfin voici une photo d'une vraie personne. C'est-à-dire que j'ai l'idée indistincte que l'homme est, dans son essence, jeune; que la vieillesse est un masque qui cache et déforme l'homme dessous. (Ce qui est encore plus bizarre parce que si on m'offrirait le pouvoir d'être jeune de nouveau — sans savoir tout ce que je sache maintenant — je dirait non sans hésitation; ma jeunesse à moi était vraiment merdique.)

Et puis j'ai un petit journal manuscrit de 1883, d'une jeune fille nommée Lillian Todd. En lisant ce journal, je remarque que parfois, elle l'a fermé avant que l'encre n'ait séché, et des petites taches d'encre restent sur la page en face. Je me trouve fascinée par ces petites taches, car en eux je vois du mouvement dans un monde que j'ai habitude de voir figé, soit dans les livres historiques, soit dans les vieilles photos, soit dans les musées où je regarde des objets immobiles. Dans ces petites taches d'encre je vois le mouvement de la main d'une jeune fille dont rien ne reste, sauf ce journal et, peut-être, une pierre tombale quelque part. Et il me semble que le secret de la vraie vie est renfermé dans ces taches, que si je savais le bon moyen de les gratter, je pourrais libérer la vraie vie, et Lillian et sa famille, ses amis, sa maison, son église, sa ville se lèveraient devant mes yeux et démoliraient les murs de cette fausse vie de laquelle je me trouve la prisonnière. Car, oui, il me semble que c'était Lillian — jeune fille étourdie, dépourvue d'idées ainsi que sa vie était dépourvue d'événements, ignorante même qu'est-ce que c'est que la ponctuation — qui a menée une vraie vie, tandis que ce soit moi qui en mène une fausse.

Voici le mélange bizarre des idées qui m'est venu dans la tête lorsque je cherche à m'expliquer à moi-même ces larmes stupides et insistantes du dimanche passé.

La photo ci-dessus, c'est mon grand-père, à gauche, et à droit mon père à l'âge de — que sais-je? — quinze ans, peut-être. Ils s'assoient devant la petite maison dont mon père m'a dessiné le plan le dimanche passé.

Il faut voir mon père aujourd'hui: courbé, maigri, chauve, un peu sourd, la voix haute et chevrotante de vieux homme, qui parle de son cœur affaibli. Et puis regarder la photo, où mon grand-père mort sourit sous un soleil fort, où la petite maison disparue redresse encore ses murs, et où se révèle encore ce garçon fort et énergique, ce vrai homme qui maintenant se trouve masqué, déformé sous le visage ridé de mon père, étouffé sous le corps flétri de mon père, comme un fœtus qui va être tué par la mort de sa mère.

C'est là, la vraie vie. Si seulement je savais le bon moyen de gratter cette photo, si seulement mon père pouvait dessiner un plan assez bon de cette petite maison, je pourrais la découvrir, la vraie vie — moi qui l'ai manquée, je pourrais enfin réjouir de le vraie vie — ce pourrait être moi souriante sous le soleil fort.

C'est un truc bizarre: dans ma tête se mêlent un mépris léger envers les personnes qui ne se posent pas des questions existentielles, et une grande envie d'en être une! Cette maison bourrée de livres que j'habite, cette ville si près de la grande ville de Chicago, ce temps d'Internet, ma cervelle en réjouit; mais mon cœur obstinée crie après une autre maison, une autre ville, un autre temps. Dans cette vie-ci, je ne serai jamais mariée, je n'aurai jamais d'enfants, je ne cesse pas de me poser des questions, et j'en suis heureuse. Dans la vraie vie, je crois, je serais mariée et cinq ou six fois mère; j'habiterais une petite maison fourmillante des enfants et des amis; je aurais beaucoup de travail, mais je serais satisfaite; et je ne me demanderais jamais qu'est-ce que la vraie vie.

Ce que je crains, ce n'est pas la mort; c'est avoir à vivre après avoir perdu ce qui m'importe. Je ne suis pas assez forte, assez froide, assez intelligente pour me passer de mon cœur, quoique sentimental et inculte. Et il ne me reste encore aucun lien avec la vraie vie de mon cœur, de mes illusions, sauf cet homme vieux, courbé, affaibli, cette photo que je ne sais pas le bon moyen de gratter, ce plan dessiné d'une petite maison disparue.


Et je viens de gaspiller deux putains d'heures vraies de ma vie fausse à écrire ce non-sens. Je dois aller faire quelque chose qui vaut la peine.

____________________
*OK, j'exagère un petit peu.



samedi, janvier 24, 2004

 
La neige s'est arrêtée. Pourquoi diable n'y a-t-il plus des vraies chutes de neiges ces années-ci???

 
Les chevaux, les oiseaux, la neige.



Quand vais-je apprendre à me taire? Hier soir, en apercevant que la neige, légère d'abord, s'arrêtait, je me suis mise à regretter le manque de vraies chutes de neige ces années-ci. Et donc ce matin je me suis levée pour trouver m'apercevoir qu'une vraie chute de neige commence commençait, et moi qui comptais aller partout ce matin. Je n'aime pas conduire, et surtout pas dans la neige.

C'est donc un jour bon pour rester chez soi, j'aurais peut-être le temps d'écrire quelque chose que je voulais écrire plus tôt, mais j'étais si overbookée cette semaine.



jeudi, janvier 22, 2004

 
Bonne nouvelle : Tipsy n’est pas morte.
Mauvaise nouvelle : Tipsy n’est pas morte.



lundi, janvier 19, 2004

 
OK, puisque c'est mon anniversaire et je suis dans une de bonne humeur, voici ma tronche, sans blague.

 


Et pourquoi diable le plan d'une petite maison disparue il y a longtemps doit me faire pleurer, je ne sais pas. Hier, au resto, où on est allé fêter un jour en avance mon anniversaire, j'ai demandé à mon père de dessiner le plan de la maison où il a passé son enfance, où je n'ai jamais mis les pieds. Il a vite dessiné le petit truc là-haut. Et moi, en regardant le dessin, en posant des questions, j'ai tout d'un coup senti juste à l'arrière de mes yeux l'énorme pression des larmes. Il m'a fallu faire semblant de regarder le dessin de près, pour avoir un moment de silence pendant lequel je luttais contre des sanglots insensés.

Pourquoi? Même tandis que j'écrive ces lignes-ci, mes yeux nagent dans des larmes. Que diable ai-je? Une petite maison que je n'ai jamais vue a été démolie il y a longtemps, et moi, maintenant, à ce moment, je la pleure, cette petite maison.

Revenue chez moi hier, je me suis mise au lit avec un roman policier, pour me distraire de mes pensées larmoyantes. Je n'ai pas pu allumer la télé ou la radio: j'aurais trouvé insupportable la le bruit artificielle, la gaieté mécanique de ces trucs; je ne voulais pas pleurer la petite maison, mais je voulais quand même écouter un silence semblable au silence qui rempliait remplissait, qui entourait cette petite maison sans télévision, sans radio, sans même téléphone.

Moi qui me flatte sur mon indifférence à la mort, je trouve honteux de penser que dans la disparition d'une petite maison, je vois ma propre disparition à venir: mais honteux ou pas, mais larmes coulent. Je ne veux pas voir dans le silence ou l'oubli qui entourent la seule mémoire que j'ai de mon grand-père — une mémoire qui ne dure que cinq seconds — le silence et l'oubli qui me vont vite ensevelir, moi aussi, après ma propre mort. Je dis, "Moi, je m'en fiche de tout ça," mais mes larmes coulent quand même. Bordel, que c'est stupide.


Margaret, are you grieving
Over Goldengrove unleaving?
Leaves, like the things of man, you
With your fresh thoughts care for, can you?
Ah! as the heart grows older
It will come to such sights colder
By and by, nor spare a sigh
Though worlds of wanwood leafmeal lie;
And yet you will weep and know why.
Now no matter, child, the name:
Sorrow's springs are the same.
Nor mouth had, no nor mind, expressed
What heart heard of, ghost guessed:
It is the blight man was born for,
It is Margaret you mourn for.
Gerard Manley Hopkins

Joyeux anniversaire à moi! Un jour plus proche à de la mort. :)



00024258

This page is powered by Blogger.
La Chaine Litteraire
[ Join Now | Ring Hub | Random | << Prev | Next >> ]